Agenda
mars
4 mars

Tout doit disparaître

ELEVEN STEENS
Rue Steens, 11
1060 Saint-Gilles
jm.dimanche@elevensteens.com
http://elevensteens.com


Pour cette première session 2021, ELEVEN STEENS présentera quatre expositions autour de la disparition. Si le thème a été choisi bien avant l’apparition de la Covid 19, il résonne d’autant plus aujourd’hui après cette longue période de confinement et la crise sanitaire qui s’est installée pour durer.

Quatre styles, quatre univers et quatre façons différentes d’aborder la ou les matières pour un même sujet ou fil rouge, la disparition, qu’il s’agisse de celle des espèces qui nous préoccupe aujourd’hui plus que jamais, de la nature ou de notre propre humanité, plus que jamais fragilisée par ses propres excès. Sans doute aurons-nous un regard différent à l’instant présent sur ces expositions initiées avant la crise sanitaire qui a saisi la planète tout entière, et, de fait pensées et finalisées en temps de confinement. Le Monde d’après ressemblera-t-il à celui d’avant la pandémie ? Sera-t-il plus propre, plus beau, plus responsable ... ? Mais laissons peut-être aux artistes le soin de le réinventer... avant que tout ne disparaisse !

Marion Bocquet-Appel : Plus loin à l’Ouest c’est l’Est.
C’est le travail manuel de la terre qui détermine, à l’origine, la pratique de Marion Bocquet-Appel. Sa curiosité pour les gestes qui façonnent la terre, de l’objet au bâti, devient une quête où elle recueille l’enseignement d’artisans, détenteurs de savoir-faire ancestraux, du Maghreb à l’Asie. Entre modelage, moulage et sculpture, elle resserre depuis quelques années sa pratique autour de la céramique. Les œuvres de Marion Bocquet-Appel offrent une esthétique épurée : la forme et la matière s’agencent en un geste précis pour fonder un seul et même signe, synthétique, suffisant. Une fois articulées dans l’espace, les sculptures deviennent des points d’entrée narratives où les récits parlent d’enjeux historiques, géographiques ou sociologiques. Les données techniques et conceptuelles sont les pendants d’une réflexion sur la pratique sculpturale et le statut d’un objet et de son créateur, entre art et artisanat. Les formes sont choisies pour leur valeur d’archétype et agissent par ce qu’elles sont et par ce qu’elles disent des mœurs et des usages. Les objets deviennent motifs : le bâton, le socle, le pot, le drapé ou l’arc-en-ciel sont les figures récurrentes de mises en scène à géométrie variable où le présent existe au regard du passé, le trivial au regard du sacré.

Marion Bocquet-Appel est née en 1984, elle vit et travaille à Paris. Elle est sortie diplômée de l’École des beaux-arts de Paris en 2008.

Shinsuke Kawahara : The other side... on the other side...
Un « artiste-gamin » qui touche à tout : voilà comment présenter Shinsuke Kawahara. Formé aux Beaux-Arts de Tokyo, son intérêt pour la mode le conduit vers le design, la mise en scène et la vidéo. Il travaille depuis plus de vingt ans pour l’univers du luxe, collaborant avec Hermès, Christofle, Fabergé, Louis Vuitton... pour lequel il cultive un art qui mêle humour et élégance. Artiste insaisissable, ses personnages fantastiques, lapins et autres animaux de compagnies habillent sacs et accessoires, mais s’évadent souvent aussi à travers dessins et films d’animation. Shinsuke Kawahara aime aussi se mettre en scène, tel un « Peter Pan » japonais apparaissant à travers le monde en kimono et chapeau. Il manie comme nul autre l’art de la transformation et prépare pour ELEVEN STEENS en cette rentrée des galeries Bruxelloises une exposition inédite par laquelle ce magicien de l’art devrait faire disparaître quelques uns de ces iconiques lapins.

François Réau : Les ombres que tu crées n’ont pas droit à la nuit.
« Le paysage est toujours, d’une certaine façon l’expression du manque; car l’espace du paysage c’est aussi l’espace même de notre propre désir. » François Réau, Notes d’atelier, 2013
Artiste contemporain français, François Réau a grandi au contact de la nature dans la région du Centre Ouest de la France. Un feu survenu dans son enfance détruit la maison familiale, anéantissant tout ce qui lui appartient. Suite à ce traumatisme, il s’enferme dans un mutisme complet durant plusieurs jours. Ce drame comme catalyseur de sa volonté de création le conduira naturellement à l’art. Plus tard, il déclarera créer pour pallier à sa difficulté de concevoir le beau, ainsi qu’à celle de communiquer.
Artiste pluridisciplinaire, le travail de François Réau articule dessin et installation, paysage mental et paysage physique, l’immensément grand et l’invisible. Son œuvre soulève le principe de l’apparition et de la disparition de la figure et des motifs, au cœur même des matériaux. Il cherche à pousser les limites du dessin de façon à ce que celui-ci échappe à son support et gagne l’espace, lui conférant alors la possibilité d’être un espace et un temps d’expérience de pensée visuelle.

François Réau est né en 1978, il vit et travaille à Paris. Il a suivi une double formation en Arts Appliqués et aux Beaux-Arts de Poitiers.

Joris Henne & Natasha Lacroix : « Beauty »
« À la fois chimérique, monstrueuse et belle, Beauty traversera les mers à nos côtés et nous lui donnerons vie tout au long de ce voyage »

Conçue au départ comme une œuvre opérant la synthèse entre la main de l’homme et l’érosion de la nature, « Beauty » a été conçue pour traverser les mers telle une véritable «Expédition plastique», accompagnée des deux artistes aventuriers. La volonté de transporter l’œuvre pour l’immerger dans la mer morte pour la ramener transformée, érodée et recouverte de sel, participe bien d’une épopée artistique, voir littéralement lyrique telle une Odyssée contemporaine à ciel ouvert.
Présentée aujourd’hui dans son état premier « Beauty » évoque-t-elle le squelette d’un animal préhistorique ? Ou bien s’agit-il plutôt d’une créature monstrueuse, sortie tout droit de l’imaginaire d’H.P. Lovecraft ? Entre l’art de l’homme et l’art de la nature, il ne saurait véritablement exister de frontières, et qui sait si cette invitation à un voyage fantastique resté jusqu’à aujourd’hui virtuel ne se transformera pas demain en une immersion dans l’espace d’une réalité cette fois belle et bien affirmée ?

Joris Henne & Natasha Lacroix vivent et travaillent à Paris. Ils sont tout deux diplômés de l’École des beaux-arts de Paris.